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Faisons
un inventaire. Faisons
d'abord le tour de tes
handicaps. Car comment
puis-je te demander de
te construire une vie
nouvelle à moins que tu
n'aies les outils en
mains?
Es-tu
aveugle? Est-ce que le
soleil se lève et se
couche sans que tu le
voies?
Non.
Tu peux voir... et les
centaines de millions de
récepteurs que j'ai
placés dans tes yeux te
permettent de jouir de
la magie d'une feuille
d'arbre, d'un flocon de
neige, d'un étang, d'un
aigle, d'un enfant, d'un
nuage, d'une étoile,
d'une rose, d'un arc-en-ciel...
et du regard de l'amour.
Compte une première
bénédiction.

Es-tu
sourd? Un enfant peut-il
rire ou pleurer sans
attirer ton attention?
Non.
Tu peux entendre... et
les vingt-quatre mille
fibres que j'ai
construites dans chacune
de tes oreilles vibrent
sous l'effet du vent
dans les arbres, des
vagues sous l'effet du
vent dans les arbres,
des vagues sur les
rochers, du chant d'un
rossignol, du jeu des
enfants... et aux mots
"je t'aime".
Compte une autre
bénédiction!

Es-tu
muet? Tes lèvres ne
remuent-elles que pour
laisser passer ta
salive?
Non.
Tu peux parler... comme
ne peut le faire aucune
autre de mes créatures
et tes paroles peuvent
apaiser la mauvaise
humeur, remonter le
déprimé, stimuler le
lâcheur, égayer le
malheureux, réchauffer
le solitaire, louer le valeureux,
encourager le vaincu,
enseigner à
l'ignorant... et dire
"je t'aime".
Compte une autre
bénédiction!

Es-tu
paralysé? Ton corps
impuissant dépare-t-il
le sol?
Non.
Tu peux bouger. Tu peux
t'étirer et courir,
danser et travailler,
car en toi, j'ai placé
cinq cents muscles, deux
cents os et onze
kilomètres de fibres
nerveuses que j'ai
synchronisées moi-même
pour qu'ils exécutent
tes ordres. Compte une
autre bénédiction!

Est-ce
que personne ne t'aime.
Est-ce que tu n'aimes
personne? La solitude
t'étouffe-t-elle jour
et nuit?
Non.
Jamais plus. Car
maintenant, tu connais
le secret de l'amour :
pour recevoir l'amour,
tu dois le donner sans
penser au retour. Aimer
par intérêt pour sa
propre satisfaction ou
par orgeuil, ce n'est
pas de l'amour. L'amour
est un cadeau que l'on
donne sans demander de
retour. Tu sais maintenant
qu'aimer sans égoïsme
est sa propre
récompense. Et même si
l'amour ne t'était pas
rendu il ne serait pas
perdu, car cet amour-là
te reviendra pour
adoucir et purifier ton
coeur. Compte une autre
bénédiction! Compte-la
deux fois.

Ton
coeur est-il malade.
Doit-il combattre pour
te maintenir en vie?
Non.
Ton coeur est fort.
Porte ta main à ta
poitrine et sens son
rythme et ses
pulsations, heure après
heure, jour et nuit,
trente-six millions de
battements par année,
année après année,
endormi ou éveillé,
faisant circuler ton
sang dans plus de cent
mille kilomètres de
veines, d'artères et de
capillaires... pompant
plus de deux millions
sept cent trente mille
litres chaque année.
L'homme n'a jamais été
capable de créer une
machine semblable.
Compte une autre
bénédiction!

As-tu
une maladie de la peau?
Les gens se
détournent-ils avec
horreur à ton approche?
Non.
Ta peau est claire et
est une merveille de
création. Avec le
temps, même l'acier
ternira et rouillera
mais pas ta peau. Éventuellement
les métaux les plus
résistants finissent
par s'user à l'usage
mais pas cette enveloppe
que j'ai construite
autour de toi. Elle se
renouvelle
continuellement, les
vieilles cellules se
remplaçant par de
nouvelles, tout comme
ton ancienne vie est
maintenant remplacée
par une nouvelle. Compte
une autre bénédiction!

Tes
poumons sont-ils
atteints? Le souffle de
la vie lutte-t-il pour
pénétrer dans ton
corps?
Non.
Les piliers de la vie te
soutiennent même dans
les environnement les
plus horribles que tu as
toi-même créés et ils
ne cessent de travailler
pour filtrer l'oxygène
qui donne la vie à
travers six cent
millions de petits sacs
de peau repliée et
éliminent de ton corps
les déchets gazeux.
Compte une autre
bénédiction!

Ton
sang est-il empoisonné.
Non.
Dans tes cinq litres soixante-dix
de sang, il y a
vingt-deux milliard de
cellules, contenant
chacune des millions de
molécules dans
lesquelles se trouvent
des atomes oscillant
plus de dix millions de
fois par seconde. Chaque
seconde, deux millions
de tes cellules
sanguines meurent pour
laisser la place à deux
millions de nouvelles
cellules, dans un
processus de résurrection
continuelle depuis ta
première naissance.
Compte une autre
bénédiction!

Es-tu
simple d'esprit? Es-tu
devenu incapable de
penser par toi-même?
Non.
Ton cerveau est la structure
la plus complexe de
l'univers. Je le sais.
Dans ton cerveau qui
pèse un kilo
trente-cinq, il y a
treize milliards de
cellules nerveuses plus
de trois fois plus de
cellules qu'il y a
d'habitants sur cette
terre. Pour t'aider à
retenir chaque
perception, chaque son,
chaque goût, chaque
odeur, chaque action que
tu as expérimentés
depuis le jour de ta
naissance, j'ai doté
tes cellules de plus
d'un millier de milliards
de milliards de
molécules de
protéines. Chaque
incident de ta vie y est
enregistré, attendant
ton rappel. Et, pour
aider ton cerveau à
contrôler ton corps,
j'ai dispersé en toi
quatre millions de
structures sensibles à
la douleur, cinq cent
mille détecteurs
sensibles au toucher et
plus de deux cent mille
détecteurs sensibles à
la température. Aucune
nation ne protège son
or aussi bien que tu
l'es. Aucune des
anciennes merveilles du
monde n'est aussi
extraordinaire que toi.

TU
ES MA CRÉATION LA PLUS
RAFFINÉE.
En
toi, il y a assez
d'énergie atomique pour
détruire n'importe
quelle grande ville...
et pour la reconstruire.
Es-tu
pauvre? Ta bourse ne
contient-elle ni or ni
argent?
Non.
Tu es riche! Nous venons
ensemble, de faire le
compte de ta fortune. Étudies-en
la liste. Recompte-les
encore. Pointe ton
actif!
Pourquoi
t'es-tu trahi? Pourquoi
as-tu pleuré en disant
que toutes les
bénédictions de
l'humanité t'avaient
été retirées?
Pourquoi t'es-tu fait
croire que tu étais
impuissant à changer ta
vie? Es-tu dépourvu de
talent, de sens, de
possibilités, de
plaisirs, d'instincts,
de sensations et de
fierté?
Tu
en as tellement. Tes
bénédictions
débordent de ta
coupe... et tu n'y as
jamais pris garde, comme
un enfant élevé dans
l'abondance, car je te
les ai toutes données
généreusement et
régulièrement.
Réponds
moi. Réponds toi-même.
Quel homme riche, vieux
et malade, faible et
impuissant
n'échangerait pas
immédiatement tout l'or
que contiennent ses
coffres contre tes
bénédictions que tu as
traitées tellement à
la légère?
Apprends
alors le premier secret
du bonheur et de la
réussite. Tu possèdes
maintenant, chaque
bénédiction
nécessaire pour
atteindre une gloire
merveilleuse. Elles sont
ton trésor. Tes outils
avec lesquels tu vas
construire, dès
aujourd'hui, les
fondations d'une vie
nouvelle et meilleure.
Alors,
je te le dis, compte tes
bénédictions et sache
que tu es ma plus grande
création. C'est là, la
première loi à
laquelle tu dois obéir
pour accomplir le plus
grand miracle du monde,
ressusciter des
morts-vivants.
Où
sont les handicaps qui
ont entraîné ton
échec? Ils ne se
trouvaient que dans ton
esprit.
Compte
tes bénédictions.
Et
la seconde loi est comme
la première. Proclame
ta rareté.

Tu
t'es toi-même condamné
à un champ aride et tu
restes là, incapable de
pardonner ton propre
échec, te détruisant
par ta haine, tes
accusations et le
dégoût que t'inspirent
les crimes que tu as
commis envers toi-même
et envers les autres.
N'es-tu
pas perplexe? Ne te
demandes-tu pas pourquoi
je peux te pardonner tes
échecs, tes fautes, ton
comportement... alors
que tu es incapable de
te pardonner, toi?
Je
m'adresse à toi
maintenant, pour trois
raisons. Tu as besoin de
moi. Tu ne fais pas
partie d'un troupeau
marchant vers la
destruction dans la
masse grise de la
médiocrité. Et tu es
très rare.
Prends
l'exemple d'une peinture
de Rembrandt, d'une
statue de Degas, d'un
violon de Stradivarius
ou d'une pièce de
Shakespeare. Ils sont
d'une valeur immense
pour deux raisons: leurs
créateurs étaient des
maîtres et ils sont peu
nombreux. Et pourtant,
il existe plusieurs
exemplaires de ces
oeuvres.
Par
ce raisonnement, tu es
le trésor le plus
précieux de la terre,
car tu sais qui t'a
créé et tu sais que tu
es un exemplaire unique.
Jamais,
parmi les dix-sept
milliard d'individus qui
ont foulé le sol de
cette planète depuis le
début de tous les
temps, il n'y a eu
quelqu'un qui te
ressemblait exactement.
Jamais,
jusqu'à la fin des
temps, il n'y aura
quelqu'un qui te
ressemblera exactement.
Jamais
tu n'as montré ta
reconnaissance ou ton
appréciation de ton
individualité.
Et
pourtant, tu es la chose
la plus rare au monde.

De
ton père, en un moment
suprême d'amour, s'est
écoulé un nombre
infini de graines
d'amour, plus de quatre
cent millions. Et
toutes, alors qu'elles
se dirigeaient vers ta
mère, ont péries.
Toutes, sauf une! Toi.
Tu
es le seul à avoir
persévéré dans la
chaleur amoureuse du
corps de ta mère, à la
recherche de ta moitié,
une cellule de ta mère,
tellement petite qu'il
en faudrait plus de deux
millions pour remplir
une coquille de noix. Et
pourtant, en dépit des
chances pratiquement
impossibles dans ce
vaste océan
d'obscurité, tu as
persévéré, tu as
trouvé cette cellule
infiniment petite, tu
t'es joint à elle et tu
as commencé une vile
nouvelle. Ta vie.
Et
tu es arrivé, portant
avec toi, comme le fait
tout enfant, le message
que je n'étais pas
encore découragé de
l'homme. Deux cellules
maintenant unies dans un
miracle. Deux cellules, chacune
contenant vingt-trois
chromosomes, et dans
chacun de ces chromosomes,
des centaines de gènes
définissant chacune tes
caractéristiques,
depuis la couleur de tes
yeux jusqu'au charme
émanant de tes
manières jusqu'à la
dimension de ton
cerveau.


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