Je suis déprimé mais je me soigne

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TRITRISTRESSE, PIVOT DE LA DÉPRESSION
La dépression est une maladie de l'humeur. Dans celle-ci, la tristesse revêt une ampleur dévastatrice. Elle retentit sur toute l'existence de sujet; elle est véritablement anéantissante. Elle semble permanente, peu sensible à l'environnement et aux événements extérieurs, ce qui la distingue de la tristesse normale. La dépression, en ce sens, est un changement radical dans le comportement du sujet, ses possibilités d'adaptation, sa manière de ressentir. « Je ne me reconnais plus » disent-ils. On se sent anéanti, sans énergie, ni envie, on ne comprend pas ce revirement d'autant plus qu'on a objectivement des raisons de bonheur.
Dans la névrose, la personnalité souffre mais elle n'est pas fondamentalement altérée dans son fonctionnement intellectuel et l'affectivité demeure adaptée. La perception de la réalité extérieure est conservée. Le névrotique se sait malade et demande le recours médical.
Toutes les névroses, par contre, semblent favoriser la dépression. Car les personnalités de base sont toujours fragiles, immatures, particulièrement sensibles aux frustrations et aux stress. Quand la dépression se greffe sur la névrose, le tableau se modifie : la tristesse pathologique et ses conséquences infiltrent les signes névrotiques et changent l'allure de la maladie. On retrouve la notion de modification du comportement, de cassure dans le mode de vie qui définissent la dépression. La perception de la réalité extérieure demeure toujours intacte et le sujet a conscience de ses troubles et de leur aggravation: on parle de « dépression névrotique » pour bien signifier qu'il s'agit d'une dépression greffée sur une névrose qui l'a favorisée. Souvent, celle-ci survient à l'occasion d'une frustration, d'une contrariété, d'un désagrément, même mineurs.
« La dépression nerveuse n'est pas une maladie comme les autres, mais comme les autres, c'est une maladie ».
La dépression nerveuse atteint les sphères affective, intellectuelle et somatique. Généralement les symptômes affectifs sont dominants, mais ce n'est pas une règle absolue.
Apparaît aussi des difficultés de concentration, un manque d'envie, tout est pénible, rien ne nous distrait. La tristesse du déprimé est pathologique car elle peut s'installer sans cause, car elle peut être sans proportion avec l'événement causal et, surtout, parce qu'elle persiste après la disparition de la cause. La façon de ressentir du déprimé n'oscillent plus, comme il est normal, entre la plaisir et le déplaisir, ou entre l'agréable et le désagréable; ils se figent durablement dans le négatif, le pénible, le douloureux. L'humeur dépressive est peu sensible aux événements environnants, contrairement à l'humeur normale qui oscille sans cesse avec les circonstances. Parallèlement le déprimé, concentré sur sa souffrance morale, ne s'intéresse plus à rien. Il n'a plus ni motivations, ni plaisirs. Cette indifférence englobe les proches, pour qui le déprimé ne ressent plus l'affection passée. Cette « anesthésie affective » est toujours vécue avec une immense culpabilité. À la tristesse douloureuse s'ajoute de façon constante une perte de l'élan vital qui se traduit par un ralentissement des activités motrices et intellectuelles. L'initiative paraît abolie. Toute activité s'effectue avec effort et lenteur. Le déprimé se sent accablé de fatigue. Désintérêt apparent et fatigue se conjuguent pour freiner les opérations psychiques et motrices, voire les rendre impossibles. « On pourrait dire que c'est l'appétit qui leur fait défaut, non le goût des choses ». La compréhension semble obscurcie. Les souvenirs sont imprécis et leur évocation laborieuse. La concentration ou l'attention provoquée est pénible et fugace. Tous les déprimés souffrent en proportion variables d'un ralentissement psychomoteur. Cependant, certains apparaissent plutôt agités. Tous les déprimés se plaignent de fatigue, de difficultés de concentration, de troubles de la mémoire, du sentiment d'avoir perdu leurs facultés intellectuelles.
ANXIÉTÉ OU ANGOISSE
L'anxiété peut s'accompagner de manifestations physiques (on parle alors d'angoisse), telles que striction de la gorge, serrement du thorax, palpitations, assèchement de la bouche, tension musculaire, douleurs de l'estomac, nausées, sensation de ballonnement, de spasmes coliques. Fréquemment sont aussi les douleurs au niveau du coeur, les difficultés à respirer, les tremblements, l'impression générale de fébrilité, les crampes. L'angoisse et l'anxiété, dans la dépression, sont d'intensité variable d'un sujet à l'autre. Elles fluctuent aussi beaucoup au cours de la dépression, et même au cours de la journée.
Ils sont fréquents et apparaissent souvent précocement. La bouderie, l'irritabilité, voire les colères, le refus, la violence, étonnent l'entourage qui ne connaissait pas le sujet sous cet aspect. Les troubles du caractère génèrent intolérance et malentendus puisqu'ils peuvent précéder, voire masquer, les autres signes de la dépression. Certains déprimés, au contraire, apparaissent anormalement passifs, malléables, impassibles. Cette urbanité indifférente est une façon de tenir l'autre à distance de sa souffrance; elle est aussi un effet de l'accablement dépressif. Quelquefois l'effacement est recherché par le déprimé, convaincu qu'il ne mérite pas qu'autrui s'intéresse à lui. Certains, gravement déprimés, arboreront une gaieté feinte tout en ruminant de noirs projets.
LE SOMMEIL Le sommeil est constamment affecté. L'insomnie est la règle, elle peut prendre plusieurs aspects.
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