Je suis déprimé mais je me soigne

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ACTIONS DÉPRESSIVES
Elles surviennent à la suite d'un événement traumatisant : deuil, séparation, déception, frustration. La détresse est aiguë, les pleurs abondants. En même temps le sujet apparaît indifférent à tout ce qui ne concerne pas sa perte. Contrairement aux dépressions majeures, il n'y a pas de culpabilité; le sujet est sensible aux propos réconfortants et aux marques d'attention de l'entourage. Cela peut se prolonger des mois. Tout le monde peut faire une réaction dépressive, cela dépend notamment de la gravité du facteur déclenchant et de sa valeur symbolique pour chaque sujet. Cependant les personnalités fragiles, plus vulnérables aux sentiments d'abandon ou de frustration, sont plus susceptibles de développer cette pathologie. « On ne me comprend pas ». « Mon médecin ne me prend pas au sérieux ». « Je fais tout pour eux, ils sont ingrats ». « Ils comprendront quand je ne serai plus là ». « Mon mari et mes enfants seraient mieux sans moi ». « Aidez-moi, je vous en supplie ».
DÉPRESSIONS MASQUÉES
Ce terme désigne les syndromes dépressifs qui sont larvés et cachés derrière des signes trompeurs et imprécis. Le patient ne se plaint pas de dépression mais de divers troubles physiques qui égarent longtemps le diagnostic. La disparition des symptômes, sous l'effet d'un traitement anti-dépresseur, est un argument en faveur de la dépression, mais il n'est pas formel car les médicaments antidépresseurs ont d'autres propriétés thérapeutiques. La dépression peut être masquée derrière un symptôme isolé mais peu spécifique à la dépression. Ainsi le sujet se plaint de fatigue, ou de troubles du sommeil ou encore de difficultés sexuelles. Il ne se dit et ne se sent pas triste. Le diagnostic de dépression le surprendra. Les céphalées, les douleurs lombaires, les troubles digestifs, les palpitations, les douleurs génito-urinaires, les crampes et sensations de fourmillements, peuvent être pendant longtemps le seul symptôme apparent. Ils entraînent une longue et pénible errance de spécialiste en spécialiste. Le soulagement de ces pénibles symptômes par des antidépresseurs et une psychothérapie est souvent spectaculaire. La dépression peut se cacher longtemps derrière des troubles de caractère: bouderie, impatience, irritabilité, émotivité excessive, agressivité. La consultation est tardive et intervient quand le sujet est confronté à une complication de sa dépression, telle que alcoolisme, problème conjugal ou difficultés professionnelles. L'EXISTENCE DE DÉPRESSIONS MASQUÉES DÉMONTRE QU'IL N'EST PAS NÉCESSAIRE DE SE SENTIR TRISTE POUR ÊTRE DÉPRIMÉ.
CIRCONSTANCES DE SURVENUE DE LA DÉPRESSION
Le sujet cherche toujours une cause à sa dépression. « Je ne comprends pas, moi qui traversé tant d'épreuves ». D'ordinaire, l'événement ou l'incident fait vivre des sentiments d'abandon ou de rejet à une personnalité fragile. Il peut aussi réactualiser des souvenirs anciens pénibles. Le naufrage dépressif résulte de la valeur symbolique de l'événement intervenant chez une personnalité prédisposée. En règle générale, l'événement invoqué est relatif à un manquement d'un proche engendrant insécurité, sentiment d'injustice ou surtout d'abandon. Ce type de dépression s'observe chez les sujets porteurs de personnalités immatures névrotiques. Un événement apparemment heureux peut aussi provoquer une rupture dépressive. Ainsi le sujet perfectionniste, doutant de lui et des choses, scrupuleux, vérifiant sans cesse pour éviter toute erreur, s'épuisant dans sa méticulosité, peut-il se réjouir d'une promotion? À peine celle-ci est-elle intervenue qu'il se trouve débordé, plus anxieux que jamais, convaincu de ne pouvoir faire face à ses nouvelles fonctions. Un événement heureux a donc provoqué une dépression.
DÉPRESSION D'ÉPUISEMENT
Elle atteint le plus souvent les sujets réputés « forts ». Le surmenage est d'autant plus dangereux qu'il s'accompagne d'une certaine euphorie pendant un temps. Insensiblement, le sujet réduit son sommeil, s'étonne et se réjouit de pouvoir travailler autant. Mais en même temps que disparaît la sensation de fatigue surviennent des signes qui devraient alarmer : susceptibilité, irritabilité, troubles de la concentration et de la mémoire. Le sujet se prend à douter de lui. Puis apparaîtront angoisse, tristesse, troubles du sommeil, épuisement mental et physique. La dépression d'épuisement est fréquente. Elle se rencontre aussi bien chez la mère de famille qui, après une journée de travail, doit assumer les charges de la maison et de la famille. Souvent, les proches pensent que nous exagérons.
FACTEURS PRÉDISPOSANTS
Certains traumatismes lointains, comme la perte d'un parent, la mésentente parentale, la séparation d'avec le milieu familial, une carence affective dans l'enfance, semblent rendre définitivement vulnérables certains sujets. Ils ne se déprimeront pas inéluctablement mais plus facilement, à l'occasion des vicissitudes de la vie.
LA DÉPRESSION EST RÉELLEMENT TRÈS FRÉQUENTE
Une personne sur dix aura une dépression au cours de sa vie. Chacun de nous a eu, a ou aura un ou plusieurs déprimés dans son entourage. La dépression est deux fois plus fréquente chez la femme que chez l'homme. Chez l'homme, la fréquence des dépressions augmenterait à partir de cinquante ans. Chez la femme, elle serait plus fréquente entre 30 et 40 ans.
LES CAUSES DE LA DÉPRESSION
L'affirmation suivante peut paraître paradoxale : les causes de la dépression sont variées mais inconnues. Les travaux de recherches concernent de nombreux secteurs : les déprimés, leur famille, leur milieu, les événements anciens ou récents qui ont émaillé leur vie. De nombreuses causes sont aussi suspectées :
Chaque dépression peut avoir plusieurs causes. Elle peut se retrouver dans une famille ayant une lourde hérédité dépressive; d'autres présentent une rupture dépressive à la suite d'un événement néfaste ou d'une situation de contrainte; cela peut être la perte d'un conjoint. En fait, un individu est plus ou moins capable de réagir à un traumatisme dépendamment du moment où il survient. Bien que la dépression apparaisse grave, la personnalité peut-être considérée comme normale, après sa guérison.
LE TRAITEMENT : UN COMBAT
Le traitement de la dépression est un combat qui se mène à deux, le malade et son médecin, aidé de l'entourage. Le médecin propose une stratégie à laquelle le patient doit adhérer, et au fil du temps, les deux protagonistes auront à régler des problèmes tactiques. Une dépression doit guérir, c'est-à-dire que le sujet doit avoir le sentiment d'être revenu à l'état antérieur à sa maladie. Quelquefois, des mesures d'urgence peuvent s'imposer, telle une hospitalisation. Quelquefois le malade, et plus souvent les bien-portants, ne comprennent pas la nécessité du traitement, considérant que « tout est dans la tête ». Faut-il rappeler que « la tête » représente environ 1/60ième du poids du corps ? Sans engager de grandes joutes sur les origines de la dépression, on a vu que le cerveau est impliqué lui aussi. Comme tout organe, il connaît ses « ratés » ou dysfonctionnements. À ce titre, il nécessite des agents médicamenteux. Bien sûr, la dépression peut guérir spontanément, mais on ne sait pas après combien de mois, voire d'années, de souffrance, sans compter les conséquences désastreuses sur la vie familiale, professionnelle et sociale. Il faut donc une intervention extérieure qui, agissant sur le cerveau, peut relever l'humeur dépressive. Action essentielle mais non suffisante : le traitement psychologique est présent à toutes les phases du combat.
LE MALADE
Le plus souvent, le malade s'annonce incapable de tout effort. Cependant, il est quelque peu soulagé de découvrir que la souffrance qu'il porte depuis des mois a un nom : dépression. Avec l'aide de son médecin, il se sent pris en charge et prêt à tenter ce qui est une aventure pour lui. En effet, pendant plusieurs mois, il va falloir prendre des médicaments, il va falloir voir le médecin.
L'ENTOURAGE
La qualité de l'entourage pèse de façon déterminante sur l'évolution. Malheureusement, l'hospitalisation peut être rendue nécessaire du fait de l'hostilité ou de l'intolérance de l'entourage. Avec l'accord du patient seulement, le conjoint peut participer aux consultations. Mais si il demande un entretien confidentiel, le médecin l'évitera, tout doit pouvoir être dit devant le déprimé.
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