QUI SUIS-JE ?

JE VOUS EN PRIE, ENTENDEZ CE QUE JE NE DIS PAS ...

 

Ne me laissez pas vous tromper. Ne laissez pas la face que je porte vous tromper. Car je porte un masque, je porte des milliers de masques, des masques que j'ai peur de laisser tomber; et l'un d'eux, c'est moi.

Prétendre est un art qui m'est seconde nature, mais ne vous laissez pas prendre, pour l'amour de Dieu, ne vous laissez pas prendre. Je vous donne l'impression d'être sûr; de me nommer " confiance " et de jouer au sang froid; je vous fais croire que les eaux sont calmes, que je domine, et que je n'ai besoin de personne.

 

Mais ne me croyez pas! Je vous en prie! Mon écorce peut paraître lisse, mais mon écorce est un masque; un masque sans cesse changeant, sans cesse dissimulant. Dessous ne repose aucune suffisance. Dessous foisonne le vrai moi dans la confusion, la peur et la solitude.

Mais je cache ceci. Je veux que personne ne le sache. Je m'affole à la pensée de voir ma faiblesse et ma peur dévoilée. C'est pourquoi frénétiquement je crée un masque derrière lequel je me cache, une nonchalante façade sophistiquée, pour m'aider à faire semblant pour me protéger du regard qui sait.

Pourtant tel regard est précisément mon salut. Mon seul salut, et je devrais le savoir; c'est-à-dire, s'il est suivi d'acceptation et d'amour. C'est la seule chose qui puisse me libérer de moi-même des murs de ma prison que je bâtis et des barrières qu'avec tant de peine j'érige. C'est la seule chose qui pourra m'assurer de ce que je ne puis moi-même m'assurer - que je vaux vraiment quelque chose.

Mais je ne vous dis pas ceci. J'ai peur de vous le dire. Je n'ose pas. Je crains que votre regard ne soit pas suivi d'acceptation et d'amour. J'ai peur qu'au plus profond je ne vaille rien, que je ne sois sans valeur et que vous ne voyez ceci et me rejetiez. Alors je joue un jeu. mon jeu désespéré de faire semblant, avec, à l'extérieur, une façade d'assurance, et à l'intérieur, un enfant tremblotant.

Et ainsi commence la parade des masques, l'étincelante mais vide parade des masques, et ma vie devient une façade. Futilement je bavarde avec vous, en de suaves tons de causerie superficielle. Je vous dis tout ce qui vraiment n'est rien, et rien qui est tout de ce qui pleure en moi. Alors quand je joue mes rôles, ne vous laissez pas induire en erreur par ce que je dis.

Je vous en prie, écoutez attentivement et essayez d'entendre ce que je ne dis pas, ce que j'aimerais pouvoir dire, ce que, pour ma survie j'ai besoin, mais ne peux dire.

Je n'aime pas me cacher. En réalité, je n'aime pas le jeu superficiel que je joue, ce jeu superficiel et faux. J'aimerais vraiment être authentique et spontané, être moi-même, mais vous devez m'aider. Vous devez me tendre la main alors que même que c'est la dernière chose que je semble vouloir et avoir besoin. Seulement vous, pouvez m'essuyer les yeux, aux regards vides et fixes du mort vivant.

Seulement vous, pouvez me ramener à la vie. À chaque fois que vous êtes bons(s), doux, encourageant(s), à chaque fois que vous essayez de comprendre parce que vous souriez vraiment, des ailes commencent à pousser sur mon coeur, de très petites ailes, des ailes très faibles, mais des ailes. Avec votre sensibilité, votre sympathie et votre compréhension, vous pouvez me donner la vie.

Je veux connaître cela. Je veux que vous arriviez à savoir comment vous pouvez être le créateur de la personne en moi, si vous le choisissez.

Je vous en prie, choisissez!

Seul vous, pouvez abattre le mur derrière lequel je tremble, vous seul pouvez m'enlever mon masque, vous seul pouvez me libérer de mon monde ombragé de panique et d'incertitude, de ma prison solitaire.

ALORS NE M'IGNOREZ PAS, JE VOUS EN PRIE, NE M'IGNOREZ PAS ...

Ce ne sera pas facile pour vous. Une longue conviction de mon peu de valeur a érigé des murs solides.

Plus vous m'approchez, plus aveuglément je frappe en retour. C'est irrationnel, mais malgré les écrits des lois au sujet de l'homme, je suis irrationnel, je me bats contre la chose même pour laquelle je pleure.

Mais, dit-on, l'amour est plus fort que le plus fort des murs, et ici même gît mon espoir. Mon seul espoir! Je vous en prie, essayez d'abattre ces murs avec des mains fermées, mais avec des mains douces car un enfant, c'est sensible.

Qui suis-je, vous pouvez demander? Je suis quelqu'un que vous connaissez très bien; car je suis...

...Tout homme que vous rencontrez,

...Toute femme que vous rencontrez.

 

Source : Tiré du livre "à venir"

"Funbusy" par Chantal Lee

Les éditions TNT

 

Merci Chantal de m'autoriser à garder ce texte

 

 
 
 

   
 
 
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