Il est parfois difficile de vivre avec un passé douloureux. Alors qu'on le croit loin, qu'on ne se souvient de rien... pense-t-on... il vient nous hanter à notre insu. Nous ne savons pas ce qui nous arrive, nous avons l'impression que deux personnalités nous habitent jusqu'au moment où il n'y a plus de place pour refouler, pour entasser. On pousse sur la porte, mais elle ne ferme plus. On n'a plus le choix de demander de l'aide, mais cela ne se fait pas sans quelques heurts, et pour nous et pour ceux avec qui l'on vit.

Il est très difficile de vivre avec nous pendant que nous laissons les événements remonter à la surface... mais c'est aussi très douloureux pour nous de les revivre. Aujourd'hui je dis MERCI, car je sais maintenant qui je suis. Je ne suis plus hantée par ces malaises inexplicables qu'un évènement déclencheur, quelquefois banal, avait fait ressurgir.

Je dis MERCI aussi aux personnes qui m'ont accepté et m'accepte telle que je suis, pour celle que je suis... Ne sommes-nous pas toujours en devenir, à apprendre à cette école de la vie ?

 

 


 

Ma fille est ce cadeau de l'Univers, cette entité qui m'a choisie comme mère, qui a choisi de s'implanter en moi, de grandir, de cheminer avec moi. Qu'avait-on à s'apprendre? Probablement l'Amour, le détachement, la tendresse.

Comme ce ne fut pas facile toutes les deux, mais combien aujourd'hui je suis heureuse de dire, « c'est avec elle que j'ai grandi ».

J'étais une mère possessive, c'était Ma fille et je ne voulais pas qu'il lui arrive quoi que ce soit. J'étais une entité venue négocier avec la colère. Nous nous sommes séparées, ma fille et moi tellement un moment donné ce fut invivable pour nous deux. Nous avions peur de nous laisser, mais nous nous déchirions en essayant de rester unies. Au moment où elle, commençait à sortir d'une partie de sa pénible période d'adolescence, moi j'étais à ce tournant de la vie où je devais travailler sur moi-même. Et combien ce ne fut pas facile, ni pour moi, ni pour les autres, ni pour ma fille.

Cette jeune fille qui m'a aidée par ces encouragements n'a pu continuer un moment donné aux côtés d'une mère qui souffrait, qui réapprenait à vivre. Aujourd'hui, je la remercie d'être partie, je n'étais plus en mesure de m'occuper d'elle et je lui aurais volé une partie de son adolescence, de ses débuts d'adulte. Tout ce que j'avais vécu dans mon enfance, je ne voulais pas le faire vivre à mes filles, mais je n'avais appris que cela. Je devais travailler sur moi-même, mais avec la culpabilité constante de ne pas avoir été une bonne mère.

Aujourd'hui je sais que j'ai donné tout ce que j'ai pu donner au meilleur de ma connaissance à ce moment-là et je suis heureuse d'être devenue l'Être que je suis maintenant. Cette paix intérieure et cette lumière qui m'habitent et que je dégage sur les autres sont le reflet de ce que je suis vraiment.

J'avais tellement de tristesse, de peines, de douleurs, que tout cela sortait en colère tellement mon âme, mon coeur faisait mal. Combien de fois ai-je dit : « je suis mal dans ma peau », « je ne me sens pas bien en dedans » sans pouvoir expliquer ce que cela voulait dire.

Combien de fois ai-je dit : « j'ai quelque chose à crier mais je n'y arrive pas », même toute seule dans le fond du bois. Ça m'étouffait, oh ! combien ça m'étouffait, et trois ans après, pendant un cours de croissance personnelle, devant les autres, ne voyant plus personne, ce cri, oui, enfin ce cri est sorti, à en faire trembler les murs. C'est parti de mon ventre et enfin j'ai crié, tellement fort que j'en ai eu mal à la gorge, mais combien j'ai été soulagée et connu pour la première fois ce qu'était que la paix intérieure.

Non, je n'ai rien volé à ma fille. Par le détachement que nous avons vécu toutes les deux, nous avons traversé des sentiers difficiles, mais ma fille a pu découvrir l'amour inconditionnel avant d'être adulte, alors que moi, j'apprenais encore à 40 ans.

C'est toi Fannie qui m'a fait comprendre que je vous éloignais de moi, en me culpabilisant sans cesse, me reprochant toujours de ne pas avoir été à la hauteur, alors que j'essayais tant d'être près de vous deux. Tu m'as fait comprendre que hier c'est le passé, on n'en parle plus, on passe à autres choses. MERCI !

Merci Fannie de ce que tu m'as appris. Merci de m'avoir choisie comme mère. Nos cheminements sont semblables quoique différents, mais combien aujourd'hui je suis contente de dire : C'EST MA FILLE.

 

Hannah Yvette

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