Je suis déprimé mais je me soigne

 

Référence :

Auteur : Professeur Henri Lôo - Docteur Henry Cuche

« Ceci est un résumé de ce livre »

 

 

La dépression, ce n'est pas léger. Ça vous cloue au sol. C'est une souffrance implacable qui ne vous lâche pas, qui vous mord le coeur, qui vous serre, c'est un étau et vous ne pouvez plus rien faire. Pas fatigue, mais épuisement, le moindre geste demande un effort incroyable.

 

TÉMOIGNAGES

Je me souviens de la façon dont je ressentais les choses : J'étais mal dans ma peau, mal à l'aise, tout était difficile, je n'arrivais pas à apprécier les petits moments de bonheur de la vie. Je n'éprouvais souvent pas grand-chose en fait de joie. Tout ce qui aurait dû être un plaisir devenait une corvée...

Ça venait par périodes... Je pensais que j'avais une personnalité comme ça. Je me sentais en miettes à l'intérieur de moi. Les angoisses, les palpitations, l'essoufflement. J'étais épuisée.

 

Il n'y a plus de goût. On a conscience de ce qui se passe, on est quand même dans la réalité mais on est en retrait, on n'est plus connecté.

Ça fait tellement de bien quand j'arrive à dormir. Je n'ai le goût à rien, je tourne en rond, je ne fais rien. Je n'ai pas mon allant habituel; je suis plutôt de nature dynamique, gai, taquine. L'appétit non plus, c'est pas extraordinaire.

En même temps, j'avais une panne affective, une anesthésie des sentiments. Je ne supportais presque plus personne. Un rien m'amenait la larme à l'oeil. Je me fatiguais vite. Je perdais le sommeil. J'avais l'impression de faire les choses par obligation, par devoir. Perte de libido, au point de cesser tout rapports sexuels, et surtout, ne pas les provoquer. Laisser aller dans le costume, plus envie de faire la coquette.

Après la première consultation, tu as l'impression que quelqu'un va t'aider à porter ton fardeau, que tu n'es plus seule.

 

Un conseil : N'essayez pas de tout porter tout seul, vous aller y laisser votre peau.

 

INTELLIGENCE, AFFECTIVITÉ ET INSTINCTS

Le cerveau est la commande centrale qui exerce son influence sur le corps entier. Son fonctionnement, très complexe, permet l'adaptation à chaque situation en prenant compte les informations multiples qu'il reçoit à tout instant, que ces informations soient d'origine externe ou interne.

 

En résumé, le cerveau est un relais entre ce qui lui parvient (informations, reconnaissance, compréhension) et les leviers qu'il actionne pour bien répondre (motricité, modifications du fonctionnement du coeur, de la respiration, des hormones, etc.). Il harmonise les réponses en fonctions des messages reçus.

 

Il faut retenir que le cerveau est le chef d'orchestre qui dirige tous les instruments contenus dans l'organisme humain. On peut ainsi comprendre pourquoi, au cours de la dépression, tout l'organisme est concerné et que les troubles physiques les plus divers sont susceptibles d'accompagner la tristesse.

 

En fait, au cours de la dépression, le fonctionnement cérébral est comme globalement déréglé de façon plus ou moins intense. Ce dérèglement peut avoir des retentissements sur tout l'organisme: digestion, tension artérielle, sécrétion des hormones, transpiration, douleurs dans divers organes, etc.

Ainsi les signes de la dépression ne sont pas seulement psychiques mais aussi physiques; ils peuvent concerner toutes les fonctions vitales comme le sommeil, l'appétit et la sexualité.

 

Les capacités intellectuelles peuvent être altérées pendant les dépressions. L'intelligence n'est pas détruite mais engourdie, comme anesthésiée, ralentie, mais elle demeure en réalité intacte. Le déprimé retrouve ses performances intellectuelles après la guérison.

 

Pour beaucoup, la dépression serait une maladie de l'humeur. Celle-ci présenterait une dérive anormale vers le pôle de la tristesse qui submergerait le sujet. Alors, tout se colore au travers d'un voile plus ou moins opaque de tristesse et entraîne des pensées pessimistes, des évaluations de catastrophe, des visions péjoratives de soi. Dans cette perspective, le trouble de l'humeur détermine l'altération des fonctions intellectuelles et, notamment, du jugement.

 

Les fonctions instinctives, comme les fonctions intellectuelles et affectives, subissent des altérations plus ou moins intenses, lorsque le sujet se déprime. Souvent, la dépression modifie le sommeil, l'appétit et la sexualité.

 

Il convient de toujours envisager l'homme dans sa totalité et de savoir que les différentes fonctions psychiques qui le composent sont forcément entrelacées, véritablement solidaires. L'homme est tout à la fois pensée, affectivité et désir. Le naufrage de la dépression bouleverse toutes ces facettes du psychisme et retentit sur le physique.

 

QU'EST-CE QUE LA DÉPRESSION ?

 

La dépression est une maladie, bien plus grave que tous les états d'âme plus ou moins pénibles que nous ressentons inévitablement. C'est une énorme tristesse, sans commune mesure avec le cafard passager. Elle paralyse le goût de vivre, les possibilités d'agir et de penser. Elle détermine un bouleversement profond de la vie psychologique, du comportement et peut retentir sur le physique. C'est une rupture qui tranche avec l'habituel, un état pathologique, une maladie véritable.

Dans la dépression, l'ampleur de la tristesse éprouvée semble engendrer le naufrage de la personnalité: les ressources apparaissent taries et les aptitudes détruites. C'est une maladie globale qui atteint toute la vie psychique, perturbe le comportement, le sommeil et l'appétit de façon importante et durable. On ne se reconnaît plus et les autres ne nous reconnaisse plus.

 

La dépression peut survenir sans cause apparente. Cependant, un incident qui survient peut avoir une répercussion émotionnelle parce que, inconsciemment, il rappelle autre chose sans que le malade l'identifie réellement.

Mais vous devez comprendre que cette résonance affective préjudiciable d'un fait banal se situe dans l'inconscient. Il blesse en quelque sorte la personne à son insu et engendre la dépression.

 

 

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